Kimono : histoire, types et comment le porter
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Le kimono (着物) est le vêtement traditionnel du Japon : une longue robe en forme de T, faite de rectangles de tissu cousus, que l’on croise côté gauche sur côté droit et que l’on ferme avec une large ceinture, l’obi. Son nom signifie « chose à porter sur soi ». Aujourd’hui, les Japonais le réservent surtout aux cérémonies, tandis que ses dérivés, comme le haori, se portent au quotidien.
Le kimono est le vêtement le plus reconnaissable du Japon, mais c’est aussi le plus mal compris en France, où le mot désigne aussi bien une robe de chambre qu’une tenue de judo. Ce guide explique ce qu’est un vrai kimono, d’où il vient, comment on distingue ses différents types et comment on le porte. Nippon.com rappelle que pendant une grande partie de l’histoire du Japon, le mot kimono désignait tous les vêtements, et qu’il ne s’est limité au style japonais qu’avec l’arrivée des habits occidentaux au XIXe siècle.
Qu’est-ce qu’un kimono ?
Un kimono est une robe droite qui descend jusqu’aux chevilles, avec un col qui croise sur la poitrine et de larges manches. Le mot japonais 着物 associe ki, du verbe kiru, « porter sur soi », et mono, « chose » : littéralement, « la chose que l’on porte ». Selon l’article de Wikipédia consacré au kimono, sa structure est rectiligne, composée de rectangles de tissu pliés et cousus sans être recoupés.
Cette construction en lés droits explique la silhouette plate du kimono : le vêtement ne suit pas les formes du corps, il les enveloppe. C’est aussi ce qui en fait un grand support de décor, puisque le dos et les manches offrent de vastes surfaces planes aux teinturiers et aux brodeurs. Le kimono se ferme toujours de la même façon, pan gauche par-dessus pan droit, et tient grâce à l’obi, une ceinture de tissu nouée dans le dos.
Au Japon, on parle aussi de wafuku, « vêtement japonais », par opposition à yōfuku, « vêtement occidental ». Le kimono au sens strict est la pièce centrale de cette garde-robe traditionnelle, que complètent l’obi, les sous-vêtements, les chaussettes tabi, les sandales et, selon l’occasion, une veste haori ou un hakama.
D’où vient le kimono ?
Le kimono vient du Japon, mais ses origines lointaines sont chinoises. Les premiers vêtements de la cour japonaise s’inspirent de ceux de la Chine des Tang, adoptés au fil des ambassades envoyées sur le continent. Pendant l’époque de Heian (794 à 1185), les aristocrates portent un kosode, un vêtement de soie à emmanchures étroites, comme vêtement de dessous, sous plusieurs robes à larges manches.
Au fil des siècles, le kosode passe du dessous au dessus. À la fin du XVIe siècle, il est devenu le vêtement principal des hommes comme des femmes de la population aisée, porté seul, et son dos toujours visible favorise les grands motifs. L’époque d’Edo (1603 à 1868) fixe la forme du kimono que l’on connaît aujourd’hui : les manches des jeunes filles s’allongent, ce qui donne naissance au furisode, et l’obi prend de l’importance. Depuis, la forme de base du kimono n’a presque plus évolué.
Le déclin commence à l’ère Meiji, à la fin du XIXe siècle. Les policiers, les agents des transports, l’armée puis les écoles adoptent la tenue occidentale, et un uniforme national de style occidental devient obligatoire pour les hommes en 1940. Le kimono quitte alors la vie quotidienne pour devenir le vêtement des grandes occasions.
En Europe, le kimono a une histoire plus ancienne qu’on ne le croit. Selon une conservatrice de l’Institut du costume de Kyoto interrogée par Nippon.com, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales rapporte des kimonos aux Pays-Bas dès le XVIIe siècle, où les hommes les adoptent comme vêtement d’intérieur. Au début du XXe siècle, Paul Poiret et Madeleine Vionnet s’inspirent de la coupe en T du kimono.
Quels sont les différents types de kimono ?
Il existe une dizaine de types de kimono, qui se distinguent par leur degré de formalité, leurs motifs et la personne qui les porte. Pour une femme, le choix dépend de trois critères : son âge, sa situation maritale et le caractère plus ou moins solennel de l’événement. Le tableau ci-dessous les classe du plus formel au plus décontracté.
| Type | Reconnaissable à | Qui le porte | Occasion |
|---|---|---|---|
| Kurotomesode (黒留袖) | fond noir, motifs sous la taille seulement, cinq blasons | femmes mariées | mariage, porté par les mères des mariés |
| Furisode (振袖) | manches très longues, motifs sur tout le vêtement | jeunes femmes non mariées | fête de la majorité, mariage dans la famille |
| Irotomesode (色留袖) | fond de couleur, motifs sous la taille | femmes mariées | mariage d’un proche |
| Hōmongi (訪問着) | motifs continus des épaules au bas | toutes les femmes | visites, réceptions, mariage d’une amie |
| Tsukesage (付け下げ) | motifs plus discrets que le hōmongi | toutes les femmes | sorties habillées |
| Iromuji (色無地) | une seule couleur, sans motif coloré | toutes les femmes | cérémonie du thé |
| Komon (小紋) | petit motif répété sur tout le tissu | toutes les femmes | ville, restaurant |
| Yukata (浴衣) | coton léger, sans doublure | femmes, hommes, enfants | été, festivals, bains |
| Kimono d’homme | teinte sombre et unie, jusqu’à cinq blasons | hommes | du quotidien à la cérémonie |
Les kimonos de femme
Le furisode est le plus spectaculaire : son nom signifie « manches qui flottent », et ses manches mesurent en moyenne entre 100 et 110 centimètres. Wikipédia précise qu’il est si coûteux que la plupart des familles le louent pour la fête de la majorité plutôt que de l’acheter. Le tomesode, noir ou coloré, se reconnaît à l’inverse à son décor placé seulement sous la taille. Le komon, avec son petit motif répété, est le kimono de sortie le plus simple.
Le kimono d’homme
Le kimono d’homme est plus sobre : il est le plus souvent d’une seule couleur sombre, noir, bleu indigo, vert foncé ou brun. Le plus formel est en soie noire et porte cinq blasons de famille, les kamon. Un homme rend presque n’importe quelle tenue plus habillée en ajoutant un hakama ou une veste haori.
Le yukata, le kimono d’été
Le yukata est un kimono léger en coton, sans doublure, porté l’été par les femmes, les hommes et les enfants. Son nom signifie « vêtement de bain » : les auberges traditionnelles le fournissent encore à leurs clients. C’est aussi la tenue des festivals et des feux d’artifice. Le yukata est plus facile à enfiler, lavable et bien moins cher qu’un kimono de soie.
Comment porte-t-on un kimono ?
On porte un kimono en superposant plusieurs couches, dans un ordre précis, puis en le fermant côté gauche sur côté droit. Le sens inverse, droite sur gauche, est réservé à l’habillage des défunts : c’est l’erreur à ne jamais faire. L’ensemble est maintenu par des cordons intérieurs, puis par l’obi.
- Les sous-vêtements : un dessous fin, puis le nagajuban, une sous-robe dont seul le col dépasse du kimono.
- Le kimono : on ajuste la longueur, puis on croise le pan gauche sur le pan droit.
- Les ceintures intérieures : des cordons et une ceinture plate, le datejime, aplatissent et maintiennent le tissu.
- L’obi : la grande ceinture, nouée dans le dos. Celle des hommes mesure environ 8 cm de large, celle des femmes de 12 à 30 cm.
- Les pieds : des chaussettes tabi, qui séparent le gros orteil, et des sandales zōri, ou des geta en bois avec un yukata.
Un kimono de cérémonie demande de nombreux accessoires : selon Nippon.com, un tomesode de femme mariée compte au moins 17 pièces différentes. C’est pourquoi de plus en plus de Japonais apprennent à le porter dans des écoles spécialisées, alors que cet art se transmettait autrefois de parents à enfants. La tenue masculine est plus simple, et le yukata, à une seule couche, reste le plus facile à enfiler.
Quand les Japonais portent-ils le kimono aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les Japonais portent le kimono surtout pour les grandes occasions : mariages, remises de diplômes, fête de la majorité, visites au sanctuaire et cérémonie du thé. Au quotidien, ils s’habillent à l’occidentale. Selon une enquête de 2011 citée par Nippon.com, près de 80 % des Japonais ont déjà porté un kimono, mais moins de 40 % en possèdent un.
| Occasion | Ce que l’on porte |
|---|---|
| Fête de la majorité (seijin shiki), en janvier | furisode pour les jeunes femmes |
| Mariage | kurotomesode pour les mères, furisode ou hōmongi pour les invitées, kimono noir à blasons avec haori et hakama pour les hommes |
| Remise de diplômes | kimono et hakama pour de nombreuses étudiantes |
| Cérémonie du thé | iromuji ou kimono sobre |
| Festival d’été, feux d’artifice | yukata, avec geta |
| Séjour en auberge traditionnelle (ryokan) | yukata fourni par l’établissement |
Le kimono reste aussi un vêtement de travail pour certaines professions : prêtres shinto et bouddhistes, geishas, acteurs de théâtre traditionnel ou conteurs de rakugo. La location s’est beaucoup développée, car elle évite d’acheter une tenue complète pour une occasion qui revient rarement.
Quels vêtements inspirés du kimono porter au quotidien ?
Pour porter l’esprit du kimono au quotidien, sans ceinture obi ni habilleuse, trois pièces de la garde-robe japonaise suffisent : le haori, la veste kimono et le hakama. Elles reprennent les coupes et les motifs du vêtement traditionnel, mais s’enfilent comme une veste ou un pantalon.
Le haori, la veste du kimono
Le haori est la veste courte que l’on porte par-dessus le kimono. Wikipédia le décrit comme une veste qui descend jusqu’aux hanches ou aux cuisses, fermée par deux petits cordons, les haori-himo. Réservé aux hommes à l’origine, le haori a été adopté par les femmes, notamment grâce aux geishas du quartier de Fukagawa au début du XIXe siècle. Aujourd’hui, il se porte ouvert sur un t-shirt et un jean : c’est la pièce la plus simple pour commencer. Notre collection de haori réunit des modèles pour homme et femme, en coton, en coton et lin ou en coton et polyester. Pour bien l’associer, lisez notre guide Comment porter un haori.
La veste kimono
La veste kimono reprend les manches larges et le col croisé du vêtement traditionnel, dans une longueur de veste. Elle se porte ouverte, sur un t-shirt ou une chemise sombre. Notre sélection de veste kimono homme propose des coupes droites à manches trois-quarts ou semi-courtes, en noir uni ou à motifs de vagues, de grues et de dragons. La différence avec le haori et le kimono long est détaillée dans notre article Différence haori kimono.
Le hakama et les tabi
Le hakama est le large pantalon plissé qui se noue par-dessus le kimono dans la tenue masculine formelle. C’est aussi la tenue de plusieurs arts martiaux, comme l’aïkido, le kendo ou le kyūdō, présentée dans notre guide Art martial japonais. Les chaussettes tabi, enfin, complètent la silhouette avec des sandales. Toutes les pièces de la tenue sont réunies dans notre article sur la tenue traditionnelle japonaise.
FAQ sur le kimono
Quel est le vrai nom du kimono ?
Kimono est bien le nom japonais : 着物 signifie « chose à porter sur soi ». Au Japon, on parle aussi de wafuku, « vêtement japonais », pour désigner l’ensemble des habits traditionnels, et chaque type de kimono a son propre nom : furisode, tomesode, hōmongi, komon ou yukata.
Le kimono est-il chinois ou japonais ?
Le kimono est japonais. Ses lointains ancêtres s’inspirent des vêtements de la Chine des Tang, adoptés par la cour japonaise, mais sa forme actuelle s’est fixée au Japon, à l’époque d’Edo.
Comment s’appelle la veste du kimono ?
La veste qui se porte par-dessus le kimono s’appelle le haori. Elle se porte ouverte ou fermée par un petit cordon, le haori-himo.
Quels sont les différents types de kimono ?
Les principaux types de kimono sont le kurotomesode et l’irotomesode des femmes mariées, le furisode des jeunes femmes non mariées, le hōmongi, le tsukesage, l’iromuji, le komon et le yukata d’été. Le kimono d’homme, plus sobre, se distingue par le nombre de blasons.
Quelle est la différence entre un kimono et un yukata ?
Le yukata est un kimono d’été, en coton léger et sans doublure, qui se porte avec des geta. Le kimono proprement dit est souvent en soie, se porte sur une sous-robe et demande davantage d’accessoires.
Pourquoi appelle-t-on « kimono » la tenue de judo ?
C’est surtout un usage français. En japonais, la tenue d’entraînement des arts martiaux s’appelle le keikogi, ou judogi pour le judo. Le mot kimono désigne la robe traditionnelle.
Combien coûte un kimono ?
Selon Nippon.com, un kimono neuf coûte de 30 000 yens pour les moins chers à plusieurs millions de yens pour les plus beaux. Un yukata se trouve pour moins de 10 000 yens au Japon.
En résumé
Le kimono est la robe traditionnelle japonaise, taillée dans des rectangles de tissu, croisée gauche sur droite et fermée par l’obi. Du furisode aux longues manches au yukata d’été, chaque type correspond à une personne et à une occasion. Les Japonais le portent aujourd’hui pour les grandes occasions, tandis que le haori, la veste kimono et le hakama permettent d’en garder l’esprit au quotidien.
À lire aussi dans ce guide : Comment porter un haori : conseils homme et femme · Différence haori kimono : le tableau pour tout comprendre · Art martial japonais : 7 disciplines et leur tenue · Tenue traditionnelle japonaise : les pièces et leur rôle.
Un haori à porter ouvert sur un jean, pour garder l’allure du kimono au quotidien.
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