Daruma : signification, rituel des yeux et couleurs
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Le daruma (達磨) est une figurine japonaise ronde en papier mâché, le plus souvent rouge, qui représente le moine Bodhidharma, fondateur du bouddhisme zen. On l’achète avec les yeux blancs : on peint le premier œil en formulant un vœu, puis le second quand ce vœu est accompli. Lesté à sa base, le daruma se relève toujours, d’où sa signification de persévérance.
Au Japon, le daruma se range parmi les engimono, les objets qui portent chance, mais son rôle est plus actif que celui d’une simple amulette : il accompagne un objectif précis, le temps de l’atteindre. Nippon.com présente le daruma comme une poupée que l’on peint pour réaliser son souhait, et rappelle que la ville de Takasaki en est le principal producteur.
Que représente le daruma ?
Le daruma représente Bodhidharma, un moine bouddhiste venu d’Inde, considéré comme le fondateur de l’école Chan en Chine, qui deviendra le zen au Japon. Daruma est simplement le nom japonais de Bodhidharma.
Une légende célèbre raconte que Bodhidharma aurait médité neuf ans face à un mur, jusqu’à perdre l’usage de ses membres, ce qui expliquerait la forme ronde du daruma. Le temple Shōrinzan Daruma-ji, berceau du daruma porte-bonheur, donne une autre lecture : les bras et les jambes du moine sont bien là, simplement cachés sous sa robe de méditation.
Pourquoi le daruma se relève-t-il toujours ?
Le daruma se relève toujours parce que sa base est lestée : poussé sur le côté, il revient droit. Ce type de jouet s’appelle au Japon okiagari, « qui se relève ». Le daruma incarne ainsi le proverbe nanakorobi yaoki (七転び八起き), « tomber sept fois, se relever huit ».
Pourquoi le daruma est-il rouge ?
Le daruma est rouge parce que Bodhidharma porte une robe rouge, celle dans laquelle il est représenté en méditation. La ville de Takasaki ajoute une raison historique : à l’époque d’Edo, le rouge passait pour chasser la variole, et les daruma rouges étaient posés au chevet des enfants pour les protéger de la maladie.
Comment utiliser un daruma, étape par étape ?
Pour utiliser un daruma, on peint un premier œil en fixant son objectif, puis le second quand l’objectif est atteint. Le temple Daruma-ji détaille la manière de faire sur sa page officielle consacrée au daruma.
- Choisir un seul vœu, précis : réussir un examen, ouvrir un commerce, courir un marathon.
- Se placer face au daruma et formuler le vœu dans le calme.
- Peindre le premier œil à l’encre noire, au pinceau ou au feutre : celui qui se trouve à votre droite quand vous regardez le daruma, c’est-à-dire son œil gauche.
- Placer le daruma en hauteur, bien visible, dans un endroit où vous passez chaque jour.
- Peindre le second œil quand le vœu est réalisé, en remerciement.
Au temple Daruma-ji, un moine peut « ouvrir les yeux » du daruma lors d’une prière, le kaigen : il pose un premier point d’encre, que le propriétaire agrandit ensuite chez lui en formulant son vœu. La ville de Takasaki précise que le second œil se peint aussi au bout d’une année passée sans malheur, pas seulement quand un vœu précis s’accomplit.
Que signifient les couleurs et les caractères du daruma ?
La couleur du daruma précise le vœu dans la tradition populaire, mais elle n’a rien d’obligatoire. Le temple Daruma-ji répond lui-même que les couleurs n’ont pas de sens différent : c’est le vœu formulé en peignant l’œil qui donne son sens au daruma.
Le sens des couleurs du daruma
L’office national du tourisme japonais associe à chaque couleur un vœu, dans son article sur les daruma de Takasaki. Ces correspondances varient d’un fabricant à l’autre.
| Couleur du daruma | Vœu associé | Pour qui, par exemple |
|---|---|---|
| Rouge | bonheur et chance en général | tout objectif, le choix le plus traditionnel |
| Blanc | persévérance, soutien face au stress des examens | un projet long, un candidat à un concours |
| Doré ou jaune | richesse, argent | une augmentation, un projet financier |
| Noir | réussite en affaires | une création d’entreprise |
| Bleu | études, examens | un étudiant, un concours |
| Vert | forme physique | un défi sportif, une remise en forme |
| Violet | santé, longévité | un parent âgé, une convalescence |
| Orange | fertilité, sécurité des enfants | un couple qui attend un enfant |
| Rose (pêche) | amour, trouver l’âme sœur | une rencontre, un couple |
Les caractères peints sur le daruma
Le daruma traditionnel de Takasaki porte des inscriptions dorées : sur le ventre, les caractères 福入, et sur les deux épaules, un vœu écrit en toutes lettres. Selon la ville de Takasaki, ces daruma couverts de caractères sont rares ailleurs au Japon. Le visage lui-même se lit comme un porte-bonheur : les sourcils dessinent deux grues et la barbe une tortue, les deux animaux de la longévité, selon le dicton « la grue vit mille ans, la tortue dix mille ans ».
| Inscription | Lecture | Sens | Où |
|---|---|---|---|
| 福入 | fuku iri | « le bonheur entre » | ventre |
| 家内安全 | kanai anzen | sécurité et santé de la famille | épaule |
| 商売繁盛 | shōbai hanjō | prospérité du commerce | épaule |
| 大願成就 | taigan jōju | réalisation d’un grand vœu | épaule |
| 目標達成 | mokuhyō tassei | objectif atteint | épaule |
Pourquoi Takasaki est-elle la ville du daruma ?
Takasaki, dans la préfecture de Gunma au nord-ouest de Tokyo, est la ville du daruma parce que le daruma porte-bonheur y est né et qu’elle en fabrique aujourd’hui la plus grande partie. L’office du tourisme japonais estime que Takasaki produit plus de 80 % des daruma du pays.
Le temple Shōrinzan Daruma-ji
Le temple Shōrinzan Daruma-ji raconte ainsi la naissance du daruma. En 1783, l’éruption du mont Asama provoque une grande famine dans la région. Pour venir en aide aux paysans, Tōgaku, neuvième supérieur du temple, sculpte un moule en bois d’après un dessin de Bodhidharma laissé par le fondateur du temple, et enseigne la fabrication du daruma en papier mâché à un habitant du village voisin de Toyooka. Les daruma sont alors vendus à la grande fête du temple, en janvier.
Cette fête existe toujours : chaque année, les 6 et 7 janvier, le temple accueille sa foire aux daruma, la daruma-ichi. La ville organise aussi un grand marché aux daruma les 1er et 2 janvier dans le centre de Takasaki.
Le savoir-faire des artisans
Selon la page historique de la ville de Takasaki, le daruma local s’est appelé « daruma de Toyooka » pendant environ 140 ans, jusqu’à la fusion du village avec Takasaki en 1955. La production a décollé après l’ouverture du port de Yokohama en 1859, qui a permis d’importer un pigment rouge écarlate. Le daruma de Takasaki est reconnu artisanat traditionnel de Gunma depuis 1993, et 72 artisans perpétuent aujourd’hui sa fabrication au moule, par couches de papier collées puis peintes à la main.
Que faire du daruma une fois le vœu réalisé ?
Une fois le vœu réalisé, on peint le second œil du daruma pour le remercier. Au Japon, on le rapporte ensuite au temple où il a été acheté, en général au bout d’un an, pour qu’il y soit brûlé lors d’une cérémonie de remerciement, puis on en achète un nouveau pour l’année qui commence.
Cette cérémonie s’appelle daruma kuyō ou otakiage. Au temple Daruma-ji, la plus importante a lieu le 15 janvier, et tous les daruma déposés au temple sont encore brûlés lors du grand nettoyage de décembre. L’office du tourisme japonais précise que le daruma est rapporté au temple que le vœu ait été exaucé ou non : ne pas réussir n’est pas une faute, il s’agit de repartir avec un nouvel objectif.
Hors du Japon, il n’est pas possible de rapporter son daruma au temple. Beaucoup le gardent alors, les deux yeux peints, en souvenir de l’objectif atteint. L’usage veut qu’on n’ait qu’un seul daruma « en cours » à la fois.
Comment choisir et offrir un daruma ?
Pour choisir un daruma, partez du vœu, puis de l’endroit où il sera posé. Le vœu oriente la couleur : rouge pour un objectif général, bleu pour des études, doré pour un projet d’argent. L’endroit décide de la taille : un petit daruma en céramique tient sur un bureau, un modèle plus grand se voit de loin sur une étagère.
Le temple Daruma-ji conseille de placer le daruma plus haut que le regard, là où il peut « veiller » sur la maison. L’important est de le voir tous les jours. Certains daruma servent aussi de tirelire ou de porte-clés.
Offrir un daruma
Le daruma est un cadeau d’encouragement : pour un examen, un nouveau travail, l’ouverture d’un commerce, une nouvelle année ou une convalescence. Offrez-le toujours avec les yeux blancs, pour que la personne formule elle-même son vœu en peignant le premier œil. Vous trouverez des modèles de plusieurs couleurs et tailles dans notre sélection de daruma japonais.
FAQ sur le daruma
Quel est le principe d’un daruma et comment s’en servir ?
Le principe du daruma est de lier un objet à un objectif. On peint un œil en formulant son vœu, on garde le daruma en vue pendant qu’on travaille à le réaliser, puis on peint le second œil quand c’est fait.
Quel œil du daruma colorier en premier ?
On colorie d’abord l’œil qui se trouve à votre droite quand vous êtes face au daruma, c’est-à-dire l’œil gauche du daruma. Le second œil se peint quand le vœu est réalisé.
Quelle est la signification des couleurs des daruma ?
Dans la tradition populaire, le rouge porte chance en général, le doré attire l’argent, le bleu aide aux études, le rose à l’amour et le blanc à la persévérance.
Que faire si le vœu ne se réalise pas ?
Au Japon, on rapporte le daruma au temple au bout d’un an, que le vœu soit réalisé ou non, et on en prend un nouveau. Hors du Japon, on peut le garder et reformuler son objectif, ou recommencer avec un nouveau daruma.
Où placer un daruma dans la maison ?
Placez le daruma en hauteur, au-dessus du niveau des yeux, dans un endroit où vous passez chaque jour : une étagère du salon, le bureau ou l’entrée.
Peut-on offrir un daruma ?
Oui, le daruma est un cadeau d’encouragement très courant au Japon. Il s’offre avec les yeux blancs, pour que la personne qui le reçoit peigne elle-même le premier œil.
En résumé
Le daruma représente Bodhidharma, le fondateur du zen, et symbolise la persévérance : lesté, il se relève toujours. Son rituel est simple, un œil peint pour fixer un objectif, le second quand il est atteint. Né au temple Shōrinzan Daruma-ji de Takasaki, le daruma se choisit selon le vœu, se garde en vue et se renouvelle chaque année.
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Un daruma aux yeux blancs, prêt pour votre prochain objectif ou à offrir.
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