Shintoïsme : la religion shinto expliquée simplement
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Le shintoïsme, ou shinto (神道), est la religion d’origine du Japon. Son nom signifie « la voie des kami », les divinités et les esprits que l’on reconnaît dans la nature, les ancêtres et certains lieux. Le shinto n’a ni fondateur ni livre saint unique : il se vit dans les sanctuaires, par des rites de purification, des offrandes et des fêtes, les matsuri.
Le shintoïsme est souvent présenté comme une religion difficile à saisir, parce qu’il ne ressemble pas aux religions du livre. Selon l’article de Wikipédia consacré au shintoïsme, le mot shintō est apparu pour distinguer cette ancienne religion du bouddhisme, arrivé au Japon au VIe siècle. Ce guide explique simplement ce que sont les kami, à quoi ressemble un sanctuaire, comment on y prie et quelles fêtes rythment l’année shinto.
Qu’est-ce que le shintoïsme ?
Le shintoïsme est l’ensemble des croyances et des rites que les Japonais consacrent aux kami. Le mot associe 神, « divinité », et 道, « voie » : le shinto est « la voie des kami », que l’on lit aussi kami no michi en japonais. On dit indifféremment shinto ou shintoïsme en français, et shintoïste pour désigner un pratiquant.
Le shintoïsme n’a pas de fondateur ni de livre saint. Ses mythes sont rassemblés dans deux chroniques du début du VIIIe siècle, le Kojiki (712) et le Nihon shoki (720). Le shinto repose surtout sur des gestes : se purifier, faire une offrande, remercier, célébrer.
D’où vient le shintoïsme ?
Le shintoïsme vient des cultes rendus aux forces de la nature, bien avant l’écriture : chaque village honorait les esprits de sa montagne ou de sa rivière. À partir du VIe siècle, le shinto s’est mêlé au bouddhisme pendant plus de mille ans, au point que temples et sanctuaires partageaient souvent le même lieu.
En 1868, le gouvernement de Meiji sépare officiellement les deux religions et fait du shinto une religion d’État, centrée sur l’empereur, présenté comme descendant de la déesse du soleil Amaterasu. Ce shinto d’État est aboli en 1945. Le shinto d’aujourd’hui est une religion de sanctuaires de quartier, de fêtes et de vœux.
Qui sont les kami du shinto ?
Les kami sont les divinités et les esprits que vénère le shintoïsme. Un kami peut être une grande divinité des mythes, comme Amaterasu, déesse du soleil, mais aussi une montagne, une cascade, un arbre très ancien, un rocher, un ancêtre ou un personnage historique divinisé. Le shinto parle des yaoyorozu no kami, les « huit millions de kami », une façon de dire qu’ils sont innombrables.
Les kami ne sont ni tout bons ni tout mauvais : selon la tradition, chacun a un côté paisible et un côté violent, qu’on apaise par des rites et des fêtes. Parmi les kami les plus priés figure Inari, divinité du riz et de la prospérité, présentée dans notre guide d’Inari et de ses renards.
À quoi ressemble un sanctuaire shinto ?
Un sanctuaire shinto, appelé jinja (神社), se reconnaît d’abord à son torii, le portique qui marque l’entrée dans le domaine du kami. Derrière lui, une allée mène à un bassin de purification, puis au bâtiment de prière. Le Japon compterait environ 100 000 sanctuaires ; selon Wikipédia, le gouvernement en recensait 81 000 dotés d’une personnalité juridique en 2005.
| Élément | Nom japonais | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Portique d’entrée | torii (鳥居) | sépare le monde ordinaire de l’espace sacré du kami |
| Corde tressée | shimenawa (注連縄) | corde de paille de riz qui signale un lieu ou un objet habité par un kami |
| Papiers en zigzag | shide ou gohei | bandes de papier blanc qui marquent la pureté et la présence divine |
| Chiens-lions gardiens | komainu (狛犬) | une paire de gardiens, l’un gueule ouverte, l’autre fermée |
| Bassin de purification | chōzuya (手水舎) | se laver les mains et la bouche avant de prier |
| Bâtiment de prière | haiden (拝殿) | là où les fidèles prient et déposent leur offrande |
| Bâtiment principal | honden (本殿) | abrite le shintai, l’objet où réside le kami, souvent un miroir ; seuls les prêtres y entrent |
Le sanctuaire shinto est volontairement dépouillé : pas de statue du kami, seulement un objet sacré caché aux regards. Le plus important de tous est le sanctuaire d’Ise, dédié à Amaterasu, dont les bâtiments principaux sont reconstruits à l’identique tous les vingt ans.
Comment prie-t-on dans le shintoïsme ?
Dans le shintoïsme, on prie après s’être purifié, par un salut codifié devant le bâtiment de prière. La purification, harae, est au cœur du shinto : avant de se présenter au kami, on se lave des souillures du quotidien. L’office national du tourisme japonais décrit les étapes suivies par les visiteurs.
- Saluer légèrement en passant le torii, puis marcher sur le côté de l’allée : le centre est réservé au kami.
- Au chōzuya, verser de l’eau sur la main gauche, puis sur la main droite, se rincer la bouche avec un peu d’eau versée dans la main gauche, et recracher à côté du bassin.
- Devant le haiden, jeter une pièce dans le tronc à offrandes et, s’il y en a une, faire sonner la cloche.
- S’incliner deux fois, frapper deux fois dans ses mains, formuler sa prière, puis s’incliner une dernière fois.
Cette règle des deux saluts, deux claquements de mains et un salut est plus récente qu’on ne le croit. Nippon.com rappelle qu’elle date de l’ère Meiji et ne s’est répandue qu’après la Seconde Guerre mondiale. Certains grands sanctuaires, comme Izumo, gardent leur propre manière de faire, avec quatre claquements de mains.
Quels autres rites le shinto pratique-t-il ?
Le shinto accompagne les étapes de la vie : présentation du nouveau-né, fête des enfants, mariage devant le kami. Les prêtres, les kannushi, purifient aussi les maisons neuves. Les miko, jeunes femmes au service du sanctuaire, dansent le kagura, la danse offerte aux dieux, présentée dans notre guide du kagura et de ses masques.
Quelles sont les grandes fêtes du shinto ?
Les grandes fêtes du shinto sont le Nouvel An au sanctuaire, Setsubun, la fête des enfants de novembre et les matsuri, les fêtes propres à chaque sanctuaire. Lors d’un matsuri, le kami est installé dans un mikoshi, une châsse portative, et promené dans les rues du quartier sur les épaules des habitants.
| Fête | Quand | Ce qu’on y fait |
|---|---|---|
| Hatsumōde (初詣) | premiers jours de janvier | première visite de l’année au sanctuaire, vœux, nouvel omamori |
| Setsubun (節分) | début février | on lance des haricots pour chasser les oni, les démons |
| Matsuri de sanctuaire | date propre à chaque sanctuaire | procession du mikoshi, chars, danses, stands de rue |
| Gion matsuri | juillet, à Kyoto | fête du sanctuaire Yasaka, défilé de grands chars |
| Shichi-go-san (七五三) | 15 novembre | les enfants de 3, 5 et 7 ans sont présentés au sanctuaire |
| Ōharae (大祓) | fin juin et fin décembre | grande purification de la moitié de l’année écoulée |
C’est pendant ces fêtes que les masques sortent. À Setsubun, un membre de la famille porte un masque d’oni et se fait chasser à coups de haricots, comme l’explique notre guide de l’oni, le démon japonais. Dans les matsuri, on croise des masques de renard, d’Okame ou de Hyottoko. Nos masques japonais réunissent ces visages : oni, renards, tengu, Hyottoko et masques de nô sculptés dans le bois.
Quelle différence entre shintoïsme et bouddhisme ?
Le shintoïsme est la religion née au Japon, tournée vers les kami et la vie présente ; le bouddhisme est venu du continent et enseigne la voie vers l’éveil. Au Japon, les deux ne s’excluent pas : la même personne se rend au sanctuaire pour le Nouvel An et organise des funérailles bouddhistes. En 2015, les statistiques officielles citées par Wikipédia comptaient environ 85 millions de shintoïstes et 88 millions de bouddhistes, pour une population de 127 millions.
| Shintoïsme | Bouddhisme japonais | |
|---|---|---|
| Origine | Japon | Inde, arrivé par la Chine et la Corée au VIe siècle |
| Lieu de culte | sanctuaire (jinja), avec un torii | temple (tera), avec des statues du Bouddha |
| Ce qu’on vénère | les kami | le Bouddha et les bodhisattvas |
| Prière | deux saluts, deux claquements, un salut | mains jointes, sans claquement |
| Moments de la vie | naissance, fêtes, mariage | funérailles, culte des morts |
Pour distinguer un sanctuaire shinto d’un temple bouddhiste, cherchez le torii à l’entrée : un temple a plutôt une grande porte couverte, un encensoir et souvent une pagode.
FAQ sur le shintoïsme
Que signifie shinto ?
Shinto (神道) signifie « la voie des kami », c’est-à-dire la voie des divinités. Le mot est formé de 神, divinité, et 道, voie.
Dans quel pays pratique-t-on le shintoïsme ?
Le shintoïsme se pratique au Japon, où il est né. Quelques sanctuaires existent hors du Japon, mais la religion reste liée à l’archipel.
Faut-il dire shinto ou shintoïsme, shinto ou shintoïste ?
Shinto et shintoïsme désignent la même religion. Pour une personne, on dit shintoïste ; « shinto » s’emploie aussi comme adjectif, par exemple un sanctuaire shinto.
Combien de dieux compte le shintoïsme ?
Le shintoïsme parle de « huit millions de kami », une expression qui signifie qu’ils sont innombrables. Les plus connus sont Amaterasu, déesse du soleil, son frère Susanoo, Inari et Hachiman.
Comment prier dans un temple shinto ?
Au sanctuaire shinto, on se purifie les mains et la bouche au bassin, on dépose une pièce, puis on s’incline deux fois, on frappe deux fois dans ses mains, on prie et on s’incline une dernière fois.
Comment devenir shintoïste ?
Le shintoïsme n’a pas de baptême ni de conversion. On le pratique en visitant les sanctuaires, en respectant leurs rites et en participant aux fêtes. Au Japon, on est simplement rattaché au sanctuaire de son quartier.
En résumé
Le shintoïsme est la voie des kami, la religion propre au Japon. Sans fondateur ni livre saint, il vit dans les sanctuaires, reconnaissables à leur torii, dans les rites de purification et dans les fêtes qui promènent le kami dans les rues. Il cohabite depuis quinze siècles avec le bouddhisme, et ses fêtes restent le moment où les masques de démons, de renards et de dieux apparaissent.
À lire aussi dans ce guide : Oni : le démon japonais, ses origines, ses contes et ses masques · Kagura : la danse sacrée du shinto et ses masques · Inari : la divinité japonaise du riz et des renards.
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